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Vous y verra-t-on ?

NE : « La concertation, oui mais à quel moment ? » (et commentaires)

C’est par un article en exergue au sein d’une double page parue le 8 janvier 2011 dans Nord Eclair qu’on a appris la position de l’élu à l’urbanisme sur sa vision de la participation des habitants au projet urbain. Petit rappel utile, les deux dernières campagnes électorales de nos élus actuels étaient sous le titre « Roubaix ensemble », et « Roubaix avec vous », promesses de démocratie participative dans la gestion municipale (ah, les promesses de campagne, me direz-vous…!)

Ici donc, c’est le premier adjoint au maire, Pierre Dubois, délégué à l’urbanisme et futur maire de Roubaix, qui annonce les projets roubaisiens pour les prochaines dix années à venir. Sur deux pages sont évoquées des projets quartier par quartier. Mais le plus savoureux est l’encart sur la concertation où on nous ressort les éternels clichés qui expliquent pourquoi il n’est pas possible de co-construire avec les comités de quartier ni avec les récents conseils consultatifs. Revenons sur ces arguments finalement assez récurrents :

- « un temps pour tout » ou, entendu formulé autrement par un « le temps des habitants n’est pas celui des techniciens (urbanistes, fonctionnaires, chargés de missions, etc), qui n’est pas celui des élus, qui n’est pas celui de institutions, etc etc« . On serait tenté d’ajouter « qui n’est pas celui de la météo non plus » pour parfaire la démonstration ! Comme ça, on en est sur, ce n’est absolument pas pos-si-ble de concerter puisque les agendas sont si asynchrones ! Amis citoyens, laissons donc dans un parfait entre-soi l’élite roubaisienne décider pour le commun des mortels, ou plutôt pour les 70-80% abstentionnistes qui n’en demandaient pas tant !

- « l’habitant lambda ne fait pas un bon urbaniste » : mais qui est ce fameux habitant lambda ? En fait, c’est vous, c’est moi. Synonyme essentiellement d’abrutis finis pour les politiques au pouvoir, notre fameux habitant lambda est surtout une bonne excuse dès qu’une proposition (ou contre-proposition) émise par un comité de quartier s’avère un tantinet pertinente. S’utilise dans la phrase-type : « oui, vous avez raison, mais l’habitant lambda, lui, ce qui l’importe, c’est le problème des crottes de chien » (ou, au choix : du manque de places de stationnement ou de sacs-poubelle, d’insécurité, ce genre de soucis qui ne sont toujours pas réglés depuis des années ; ce qui est bien pratique pour occuper le débat -justement- vous remarquerez aussi) ;

- « les habitants ont une vue parcellaire et des opinions contradictoires« . Parce que, bien sur, ces habitants lambda, c’est de leur faute si la concertation n’est pas possible, ils ne sont jamais d’accord entre eux ! Oublions au passage le travail d’éducation populaire autour de l’intérêt général porté par les associations de comités de quartier et par d’autres. On ne peut que se rappeler, par exemple, la façon dont la ville a géré le débat sur la venue de l’oeuvre d’art, le Discobolos, laissant monter les oppositions entre groupes d’habitants au lieu de les apaiser, en faisant même des pseudo-concertations bidonnées, petites vengeances de la mairie de quartier contre le service central de la Culture parce que celui-ci n’aurait pas partagé l’info à propos de l’inauguration, on l’a appris depuis. Ou d’évoquer que le conseil jeunes ne se mélange pas aux conseils de quartier, parce que le service  Jeunesse, ce n’est pas la Démocratie Participative, ou vice-versa ! Mais à part ça, ce sont les habitants qui ne s’entendent pas entre eux ! ;)

Donc voila. Si la concertation n’est pas possible aux prémices des grandes orientations, qu’elle ne l’est pas  non plus quand le projet est décidé (car là, il est trop tard !) et encore moins dans le choix de la dénomination d’un square (vous n’étiez pas invités ? ah, ben tant pis, on a fait avec les opposants au projet, LOL !) par exemple, à quoi bon tenir des discours prônant la participation aux roubaisiens ? De plus, étant donné l’ex-cel-len-te réputation acquise par la ville de Roubaix depuis ces dernières années, conséquence des orientations prises par les urbanistes lors de la décennie passée, la question qui vient est : mais quelle ville sont-ils donc en train de nous imaginer ?

A lire : Roubaix dans dix ans.

Voir aussi :
- Projet urbain, l’ilot Crouy,
- la Chélidoine, les conclusions de l’enquete,
- VDN : concertation bidon autour du square des tisserands,
- VDN : derriere la polémique les questions de fonds,
- VDN : touche pas ma démocratie citoyenne.

La concertation, oui mais à quel moment ?

Publié le samedi 08 janvier 2011

Pierre Dubois se dit fervent défenseur de la participation des habitants. Oui mais à quel moment la concertation doit-elle intervenir ? Le premier adjoint estime qu’il importe de ne pas mettre la charrue avant les boeufs.

Où commence et où s’arrête la concertation avec les habitants ? Même s’il se dit très attaché à la démocratie participative, à la coproduction de projets avec les conseils et les comités de quartier, Pierre Dubois estime qu’il y a un temps pour tout et que l’habitant lambda ne fait pas forcément un bon urbaniste. Ce qui n’est pas l’opinion de Slimane Tir qui, lors de la dernière réunion de conseil, avait vivement contesté l’approche municipale sur l’aménagement du site de la teinturerie du Pile.

Pour le premier adjoint, la concertation n’a rien à faire dans les études d’urbanisme et dans l’élaboration de schémas de développement. Autrement dit, les urbanistes qui ont une vue globale de la ville, au stade de la réflexion, ne doivent pas être influencés par les habitants qui, pour leur part, ont un regard parcellaire et des opinions parfois contradictoires.
Selon Pierre Dubois, ce n’est que lorsque les études sont bouclées qu’il est possible de discuter. « Actuellement, nous n’en sommes pas encore au stade de la concertation constructive et partagée. Nous nous contentons de fournir de l’information. C’est au niveau de l’aménagement concret de l’espace que doivent intervenir la concertation et la coproduction du projet. » Conseils et comités de quartier devront donc prendre leur mal en patience.

4 réponses à “NE : « La concertation, oui mais à quel moment ? » (et commentaires)

  1. Gilles Pradeau 29 janvier 2011 à 23:41

    « La concertation n’a rien à faire […] dans l’élaboration de schémas de développement » ??

    Ton adjoint a-t-il déjà entendu parler des diagnostics partagés ? Cela intervient bien en amont de la conception pratique des aménagements !

  2. Pingback: #653 Rencontre avec Pierre Dubois (1ère partie) : « La concertation, oui mais à quel moment ?  | «LeBlog2Roubaix

  3. Pingback: #656 Rencontre avec Pierre Dubois (2/4) « L’habitant lambda ne fait pas un bon urbaniste  | «LeBlog2Roubaix

  4. Pingback: #660 Rencontre avec Pierre Dubois (3/4) « Roubaix dans 10 ans  | «LeBlog2Roubaix

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