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Vous y verra-t-on ?

NE : "La politique de la Ville se cherche un second souffle"

Le jour même de la visite du Maire de Roubaix place Audenaerde, on a reçu celle de Sébastien Leroy, journaliste de Nord Eclair pour un dossier sur la politique de ville en débat dans un séminaire à Lille. Toute la discussion a été d’évoquer comment aujourd’hui la ville se fabrique avec les habitants, et on a bien sur pensé à la malheureuse place de la Nation, l’exemple absolu de ce qu’il ne faut pas faire, alors qu’il y a 10 ans, nous co-concevions ce qui est devenu le Parc du Nouveau Monde, une réussite environnementale et qui vit encore bien de nos jours. Bref, on a promu une démocratie participative ascendante à reconsolider.

Contrairement à ce que dit l’article, les gens quittent Roubaix, non pas seulement parce qu’ils vont mieux, mais parce qu’ils en ont assez des problèmes quotidiens non-résolus liés à la propreté, à la tranquillité, le manque de vie culturelle de quartier et de moments festifs, et disons-le, à l’image globale de la ville au delà du centre-ville et du quartier des Modes.

Mais bon, le Maire a dit samedi que ça allait changer (du moins pour la place Audenaerde, dès 2013).

- l’article est à lire sur le site de Nord Eclair.


La politique de la Ville se cherche un second souffle
PUBLIÉ LE 23/10/2012 

À l’occasion d’un séminaire national à l’IAE de Lille autour de la cohésion sociale dans les villes, retour sur une politique dont les résultats métropolitains sont nuancés.

Roubaix, quartier de l’Épeule. Bertrand Sauvage, directeur du projet de cohésion sociale de la ville, embrasse la rue d’un regard.
« Il y a quinze ans, c’était un quartier qui ne voyait pas ses perspectives de renouvellement. En cinq ans, ce sont 60 opérations du grand projet de Ville qui se sont déployées ici », insiste-t-il. Les crédits de l’ANRU, de la politique de la Ville, de l’Europe sont passés par là. « Le parc Brondeloire, la salle de sports, le contrat de rue pour redynamiser le commerce, l’Hôtel d’entreprise ou encore l’implantation d’un centre de formation pour le bâtiment… Rien de tout cela n’aurait été possible sans cette action politique».
Faire le bilan de politique de la Ville, c’est souvent s’asseoir devant un verre à moitié plein et à moitié vide. « S’il n’y avait pas eu ça, qu’est-ce que ça aurait été ? », s’interroge Christian Lazaoui, président de l’association de jeunesse Roubaix Sports Culture. Avant d’ajouter, « le problème c’est que non seulement les inégalités perdurent, mais elles s’accroissent ».
À Lille, Walid Hanna, l’adjoint chargé de la politique de la Ville, ne dit pas autre chose. « Elle a permis de gros investissements ! Rien qu’à Lille-Sud, la Halle de glisse, la médiathèque, les centres sociaux reconstruits ! ». Sans compter le travail d’accompagnement, plus fin, plus subtil, comme il est mené au Faubourg de Béthune dans le cadre du lavoir social inauguré cette année, où les usagers peuvent à la fois faire leur lessive, tisser du lien social, et se faire aider d’un travailleur social pour leurs démarches. « Vu le peu d’investissement des crédits de droits communs, la situation aurait pu être beaucoup plus grave », appuie Walid Hanna.
Au surplus, Walid Hanna comme Bertrand Sauvage se retrouvent sur l’analyse. « Il ne faut pas juger la politique de la Ville de manière statique.
Les Roubaisiens qui ont bénéficié de ces politiques et qui vont mieux quittent souvent la ville. C’est aussi une forme d’ascension sociale », explique le premier. « J’attends toujours une étude des flux d’entrées et de sorties de ces quartiers. À ma connaissance elle n’a jamais été faite. Mais si on regarde en dynamique, la réussite existe », argue Walid Hanna.

« Du découragement »
 
N’empêche, la succession de « Plans », l’abondante géographie prioritaire (ZEP, Zones urbaines sensibles, zones franches, contrats urbains de cohésion sociale, ANRU…) et les crédits qui leur sont accolés n’ont pas tout résolu, loin de là. Le chômage est toujours galopant dans les quartiers prioritaires, d’autant plus en période de crise. La sécurité y est toujours un point noir, de même que l’éducation. « Il y a un peu de découragement, parfois », admet Christian Lazaoui, qui parle d’un tissu associatif « épuisé ». « Dans les quartiers, on est passé de 12 associations de jeunes à deux ». L’emploi, pour lui, reste le nerf de la guerre. « Des bac+ 5 qui se retrouvent emballeurs à La Redoute, on en connaît… Le boulot, c’est la clé. S’il n’y a pas d’emploi, on n’existe pas. OK, il y a une zone franche (ZFU) à Roubaix. Mais est-ce qu’elle a profité aux Roubaisiens ? Pas sûr. Sur le terrain, les gens ont souvent l’impression de voir tomber des politiques qui ne sont pas faites pour eux… ». Lui, continue malgré tout à faire de la dentelle, en nouant des partenariats entre son association et des boîtes du coin, comme Quick ou Géant. Pour Bertrand Sauvage, en revanche, « grâce à la ZFU, on a un vrai décrochage du taux de chômage ».
Reste que les chiffres sont là : l’attrait de la ZFU qui permet des exonérations de charges aux entreprises s’essouffle. En 2010, 391 embauches ont été enregistrées. En 2007, il y en avait 1 176.
Ayité Creppy, président de la Fondation agir contre l’exclusion (FACE), fait aussi ce travail fin d’accompagnement des jeunes vers l’entreprise et l’emploi. C’est l’objet, entre autres, de la Cellule Stage qui a concerné, rien que pour Roubaix, 488 collégiens et lycéens. « Et ce ne sont pas des "stages McDo". L’idée est d’habituer le corps social de l’entreprise à la diversité et le jeune à sortir du quartier, apprendre les codes de l’entreprise ».
S’il reconnaît que le volet « urbain » de la politique de la Ville, avec la rénovation du bâti, a été un succès, Ayité Creppy estime toutefois que le volet social n’a pas été à la hauteur. « Mais le chantier est d’ampleur. On a fait pendant des années une politique de réparation. Or il faut passer à une approche globale, lisible avec une vraie stratégie et sortir du "saupoudrage" : qu’est-ce qu’on veut faire avec ces gens qui vivent dans les quartiers d’ici dix ans ? »

Un nouveau « plan » ?

Une partie de la réponse réside dans la meilleure association des citoyens des quartiers aux décisions qui les concernent, veut croire Bruno Lestienne, du comité de quartier de l’Hommelet à Roubaix. Une démocratie participative qui a selon lui « plutôt reculé ces dernières années » . « Bien souvent les projets arrivent déjà ficelés devant les habitants qui ne peuvent intervenir qu’à la marge ». Une logique descendante qui a de plus en plus de mal à passer. « Or participer à un projet, c’est se reposséder, retrouver sa parole, ne plus être uniquement un numéro d’allocataire », appuie Sylvie Thilloy, qui appelle avec son comparse à une meilleure prise en compte des aspirations de l’habitant à la base.

À Roubaix il y a 15 jours, Cécile Duflot, ministre de l’Égalité des territoires « d’un pays menacé de déchirure sociale » , a ouvert cette porte, en appelant les habitants des quartiers à « ne pas seulement s’asseoir autour de la table, à écouter. Je les invite à renverser la table ». Résultat attendu de la concertation début 2013.

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