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Vous y verra-t-on ?

Archives de Catégorie: Paroles d’habitant

NE/VDN « Roubaix devrait enfin avoir ses conseils citoyens avant 2016″

Dans un article paru dans la Voix du Nord et dans Nord Eclair de ce mardi, Julien Gilman interroge la mise en place du (des) Conseil(s) Citoyen(s) qui, dans d’autres villes, existeront dès le mois prochain. La raison du « retard » roubaisien : la volonté de ne pas refaire les maladresses des Conseils de quartier (notamment par exemple en les collant aux territoires de mairies de quartier ? D’où l’idée d’un seul conseil transversal en débat) ni de tenir les mêmes discours que l’ancienne majorité !

Mais au fond, la véritable question, au delà de l’aspect formel, n’est-elle pas celle de savoir quoi réellement partager avec les habitants en terme de co-décision ? (car, à la base, c’est quand même cela que dit la loi, même si la volonté des consultations préalables du ministre Lamy était d’aller encore bien plus loin — j’en connais qui crient déjà « à l’anarchie ! » à l’évocation de certains concepts participatifs — mais non !).

Pour participer à la réflexion, n’hésitez pas à contribuer sur http://ImaginonsRoubaix.fr, site mis en place pendant la Fête de l’Internet 2015.

Voir aussi :
#879 Recits de ville, récit de vie (film documentaire sur la démocratie participative à Roubaix).
« quelles capacités d’agir des quartiers populaires » (conférence Mechmache)

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Notre documentaire présenté à Clermont-Ferrand au festival Kinoptimiste !

En 2014, nous avions diffusé lors du 1er Forum Citoyen piloté par le Comité de quartier des Hauts Champs, le documentaire « Récit de vies, récit de villes » que Sophie et Pierre Ghienne avait réalisé à cette occasion, par des interviews au sein des comités de quartier et de personnalités Roubaisiennes. Eh bien, ce film sera projeté samedi, à près de 650,4 km de chez nous, dans le cadre du festival Kinoptimiste organisé par l’Université Populaire du Puy-de-Dôme, à Clermont-Ferrand.

L’invitation vient de Rémy Humeau, président du comité des quartiers de Clermont qui écrit notamment que le film leur est « apparu particulièrement intéressant pour introduire un débat sur la démocratie participative« . La rencontre se tient du 10 au 12 avril 2015*, et se veut un « festival de films documentaires sur les utopies en mouvement et en action« . En voici le programme 2015.

Comme quoi, Roubaix est un exemple en matière de démocratie participative !

(re)voir Récits de vie, récits de ville.

(* pendant ce temps-là, nous organisons la Fête de l’Internet, en mairie de Roubaix, les roubaisiens ont aussi le don d’ubiquité !)

Le Parisien « Départementales : contre l’abstention une lutte pied à pied »

Cette semaine, Pauline Théveniaud accompagnée de Arnaud Dumontier, du quotidien de référence (premier quotidien de France, et à Paris – IdF), le Parisien / Aujourd’hui en France, est venue suivre une de nos actions dans le cadre de « Je pense donc je vote« . Balade dans le quartier (ci dessus, place de la Fosse aux Chênes), café citoyen spécial Comités de quartier sur la question des finances du Département, les vidéos diffusées toute cette semaine.

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NE / VDN : « les candidats sur le Blog2Roubaix » et réactions

Copie_ecran 2015-03-20 à 16.47.40Il y a quelques jours, Bruno Renoul semblait s’émouvoir du fait qu’on ne fasse pas la promotion du Front National dans la campagne des Départementales. C’est vrai que nous ne sommes pas « la presse » et que donc, du coup, on évite soigneusement de promouvoir les idées du FN car notre action « Je pense donc je vote » est justement née d’un Lepen au second tour des présidentielles. Quand leblog2roubaix n’existait pas, et que nous faisions des réunions avec les candidats et les habitants dans le cadre de cette opération de lutte contre l’abstention, nous n’invitions pas le parti d’extrême droite, lequel, semble-t-il aujourd’hui, n’a même plus besoin de faire campagne : « on » s’en charge à sa place, « on » l’annonce déjà grand gagnant, et par le truchement des affirmations répétées en boucle, « on » façonne ainsi l’opinion. Ah, cette banalisation…!

Ce vendredi, la rédaction unique des deux quotidiens de Roubaix trouve notre association « pas très active durant la campagne » .Tiens, prends ça dans les dents.

Eh oui, sachez chers amis, bénévoles, mères de famille, chômeurs, retraités, jeunes pas encore en droit de voter, étudiante en science po stagiaire, habitants des quartiers Nord de Roubaix, et d’ailleurs, bref vous qui avez bien voulu passer quelques heures à cette opération citoyenne, que les journalistes locaux trouvent que vous n’en faites pas assez ! Tout au plus, ils concèdent qu’on a « tout de même » organisé un café citoyen ce jeudi et reconnaissent le travail d’interviews de Sophie (que vous pouvez retrouver ici pour y écouter vos candidats des 2 cantons de Roubaix). Bref, comme si c’était une obligation…

Ailleurs, certains commentateurs, sur les réseaux sociaux, loin d’être des faiseux notoires qualifient les comités de quartier d’outils du « système » (et le mot « totalitaire » n’est pas vraiment bien loin non plus) et prétendent que nous serions des professionnels « subventionnés pour lutter contre l’abstention » comme pour nous faire porter les faiblesses de ce même système. Elle est bien bonne. Cela est évidemment faux (les affiches et flyers sont imprimés sur nos fonds propres) et le choix d’inviter tel ou telle n’est dicté par personne, et encore moins commandé d’en haut — ce qui n’a jamais été le cas en définitive, même si à un moment donné de la vie publique roubaisienne, les financeurs ont tenté « d’élargir cette action », en contraignant les subventions de tous les comités, qui s’en sont saisi ou non. Nous ne nous privons pas d’interpeller les politiques sur la question. Et sur d’autres.

Si notre démocratie représentative est si mal en point, ce n’est pas de la responsabilité des actions citoyennes dites « ascendantes », encore moins de celle des associations de quartier, loin d’avoir les moyens d’une rédaction professionnelle, ou d’une agence d’événementielles, et qui, pour certains, vivent plus ou moins bien, avec ou sans local, avec ou sans salarié, mais surtout grâce à l’implication des bénévoles !
Elles sont aussi et surtout là pour expérimenter ce qu’on nomme encore des alternatives, par exemple, pour citer ce qu’on connait : le budget participatif, ou la gestion de choix budgétaire par les habitants ; l’e-démocratie ou de nouveaux outils modernes pour faciliter l’implication des citoyens ; les nouveaux commanditaires ou rendre les gens acteurs de leur proche environnement via une oeuvre d’art ; la création de jardins, de mini-fermes pédagogiques, ou la sensibilisation des familles aux aliments naturels comme le miel ; des actions d’éducation populaire ; émergentes, malheureusement loin d’être inscrites durablement (surtout quand les compétences institutionnelles se redistribuent vers possiblement moins de proximité…) et dont l’ambition est de contribuer à la construction d’un Citoyen émancipé, en tentant humblement d’influer sur les modes de représentations, en prônant une culture de la participation au sens large, et à des formes de démocratie délibérative.

Donc si ce dimanche, à Roubaix, le Front National arrive en tête avec une abstention record, de grâce, ne nous en tenez pas rigueur !

[invitation] : Et si des jeunes décidaient comment dépenser 100 000 euros dans leur lycée ?

Innovation majeure née à Porto Alegre il y a maintenant 25 ans, le budget participatif permet la participation de citoyens ordinaires dans le choix des dépenses publiques. Ce documentaire retrace trois expériences européennes (Angleterre, France, Portugal) où des jeunes décident et repose sur un tournage participatif où des jeunes eux-mêmes ont filmé.

Faire campagne, défendre ses idées face à 200 personnes, réfléchir à l’intérêt général, autant d’apprentissages citoyens qui permettent aux jeunes d’avoir un vrai impact sur leur quotidien.

Pour la première fois, on ne se moque pas de nous.

Projection en avant-première du documentaire (52 min) suivi d’un débat ce jeudi 12 mars 2015 à 19h, salle des Conférences, Mairie de Roubaix. Entrée gratuite.

Le Comite de Quartier de l’Hommelet est partenaire de ce projet financé par le programme européen Jeunesse en Action, avec le soutien de la Ville de Roubaix

Plus d’infos.

« Après la grande mobilisation que va-t-il rester de « Charlie » ? Notre réponse dans la presse commentée.

La journaliste Elodie Bartolic (Nord Eclair, la Voix du Nord, article original) m’a demandé avant hier ce que nous changerions maintenant depuis le meurtre et les séries de manifestations en soutien à Charlie Hebdo. J’ai répondu : « Rien ». Nous ne changerons rien et continuerons nos petites actions citoyennes et socioculturelles dans le quartier parce que c’est ce qui contribue à faire société, à notre niveau. Ces actions ont plus que jamais leur importance dans cette période incertaine. Parmi les acteurs d’éducation, les associations de quartier contribuent fortement à l’éducation populaire et proposent des moments d’échange ou des actions en commun. Même de petites actions, porteuses de valeurs et occasionnant le mélange des genres.

Évidemment, c’est aussi et surtout une question de moyens, à l’heure où la mairie de Roubaix semble avoir pour « ambition » de baisser de 7% les subventions aux associations. Aujourd’hui, ce sujet est d’ailleurs abordé dans la presse locale, de manière plus modérée par Sauria Redjimi, adjointe aux associations, où il est précisé que les associations sont le 2eme employeur de Roubaix, mais je suppose qu’y sont inclus les services de management des gros organismes, « mastondontes » en terme de subvention municipales, alors que les associations de quartier, elles, se battent pour un ou deux emplois francs, et dépendent d’emplois aidés précaires conditionnés – quand elles peuvent en bénéficier ! Et ce, face aux besoins gigantesques de cohésion sociale, de culture, de vivre ensemble, dans nos quartiers.

Comme exemple d’actions fédératrices en quartier, j’en ai cité des modestes, actuelles, mais aussi rappelé celle de l’Hestival. 5 éditions, inégales. Concerts gratuits, en plein air et en pleine ville. Près de 20.000 personnes lors des deux dernières. Programmé et organisé par des gens du quartier, et des jeunes aussi (certains y ont d’ailleurs vécu leurs premières implications dans la vie roubaisienne). Aussi bien, du Rachid Taha, Diam’s, que du Arsenik, Cut Killer et Dee Nasty (près de 80 artistes en tout, la moitié des « pros » — toute la scène rap du moment, sauf IAM et NTM qui demandaient trop cher — encore que 4MyPeople est venu). Des milliers de personnes à Roubaix (des locaux, mais on a aussi vu débarquer des bus de Marseille – oui, et d’ailleurs aussi — dans la joie, la bonne vraie humeur partagée et dans le respect. Rien à voir avec les soirées « de fêtes » de coupe du monde, fort indisciplinées avec hélicoptère à l’américaine et tout. Non, là, les gens rentraient chez eux, dans le calme, ravis et contents. Ca se terminait même parfois par un méchoui festif dans un coin de rue du quartier.

On a arrêté le festival effectivement suite aux baisses de subventions (même si elles ne représentaient que la moitié du cout total). Ceux qui l’ont vécu de l’interieur nous en parlent encore régulièrement tant les bons souvenirs persistent avec tant d’énergie investie. Mais la question qui nous taraude aussi c’est bien sur, à l’heure où est dévoilée la nouvelle carte des quartiers prioritaires : « et si on avait continué, notamment en l’amplifiant édition après édition, qu’est-ce cela aura changé comme ambiance, voire comme image, à Roubaix ? Est-ce que les gens seraient plus heureux avec ce rendez-vous incroyablement fort de communion artistique (et d’implication, de brassage de gens, et si participatif — on comptait près de 300 bénévoles, ça en parlait partout dans les quartiers…) ? On aime penser que oui, car c’était le but de la démarche. Et le mot « Culture » n’aurait pas le même sens aujourd’hui à Roubaix. On se comprend.

Bref, on fêtera en 2015, le souvenir de la première édition de l’Hestival, il y aura tout juste 20 ans. Petit diaporama de l’époque ci-dessous.

[MàJ] : Je viens de tomber sur a priori une des seules vidéos disponibles, peut-être la seule hormis les reportages et publicités : le groupe Natty Roots a publié une vidéo de la 3eme édition, extrait du début de soirée.

Face à la barbarie, à Roubaix, on est tous Charlie… ou presque.

On est tous Charlie

La Ville de Roubaix avait organisée un rassemblement sur la Grand Place pour affirmer haut et fort une unité nationale suite aux meurtres des journalistes de Charlie Hebdo, ce jeudi 8 janvier 2015 à 18h00. Dans une ambiance calme, avec un public dense et divers, se sont prononcés des paroles louant la démocratie, la liberté, et la liberté d’expression. La mairie avait choisi de faire intervenir la presse locale ainsi que le président du Conseil des Institutions Musulmanes de Roubaix. Ils ont tous bien parlé. On peut même regretter que la parole n’ait pas circulé entre les divers acteurs politiques (tous étaient là), entre différents représentants de cultes à Roubaix, à des laïcs, à des athées, mais ça aurait duré sans doute des heures. Le tout s’est terminé par une Marseillaise chantée en chœur.

J’étais plutôt convaincu, tranquillisé et rassuré par une telle manifestation, prêt à bloguer, quand, au soir je consulte Instagram. Et là, je trouve une photo postée par une jeune roubaisienne, la vingtaine, plutôt habituée à publier des selfies, ci-dessous. Puis une autre le fait. Et enfin une autre avec un message un peu différent mais aussi tout aussi éloigné de l’horreur vécue partout dans le monde et qui nous bouleverse tant. Comment est-ce possible ?

Charlie.Copie_ecran-2015-01-09-à-01.51.01Par une rapide recherche sur le net, on trouve facilement de tels messages de gens qui, pour certains provoquent mais d’autres le font sans doute sincèrement : ils se trouve insultés et solidaires d’un ailleurs, imperméables à la tragique réalité, en l’opposant à d’autres tragédies.

Et là je me dis que ça ne va pas être simple de recoller toutes ses fractures, pas uniquement générationnelles, tant les amalgames peuvent être de part et d’autres. D’où la nécessaire urgence de retrouver, ou de maintenir, du sens collectif, par exemple, en sanctuarisation la vie associative de proximité dans une ville comme Roubaix.

D’autres photos du rassemblement sur notre album FlickR.

#879 « Récits de vies, récits de ville » : la participation des habitants à Roubaix

Dans le cadre du forum citoyen porté par les comités de quartier roubaisiens et organisé par le Comité de Quartier des Hauts-Champs qui a eu lieu le 29 novembre dernier, nous avons réalisé, en amont, avec Pierre Ghienne, ancien vidéaste de la ville de Roubaix, un documentaire sur la participation des habitants. Nous sommes allés à la rencontre d’habitants engagés, de comités de quartier et d’experts de la démocratie participative pour qu’ils nous parlent de leurs visions de l’implication des habitants dans leur vie de quartier et dans leur ville.
Voici en vidéo ce qui est ressorti de ces entretiens.

Nous publierons par la suite certains entretiens individuels sous forme de podcasts, donc restez à l’écoute !

A voir aussi :
1er forum citoyen des comités de quartier de Roubaix : les photos
Jour J-1 : Forum citoyen des comités de quartier et projection du film
Les jeunes et la démocratie participative
Jour J-7 : le 1er forum citoyen organisé par les comtés de quartier de Roubaix
La démocratie participative roubaisienne en tournage pour le forum citoyen du 29 novembre prochain

Cette nuit, Roger Leman, héros de la démocratie participative nous a quitté.

Roger Leman, chez lui, à Roubaix, en 2012

Nous apprenons ce vendredi avec infiniment de tristesse la disparition de Roger Leman, un des personnages mythiques de la « participation citoyenne », fondateur d’un nouveau rapport élu-citoyen avec sa militance à l’Alma Gare, citée encore actuellement comme une référence en la matière. Les fameuses luttes urbaines.

Nous l’avions connu dans ses dernières années à l’Association Inter Quartier, juste avant qu’il ne prenne sa retraite. Il m’avait dit, alors que je débutais dans le milieu associatif, que l’important était d’avoir de « grandes idées » pour construire Roubaix. Lui, avec Marie-Agnès, il en a eu de sacrées grandes : elles ont révolutionné la façon de s’impliquer localement. Il mériterait un hommage national tant les chercheurs, les professionnels de la chose publique, de « l’empowerment », en ont parlé, et continueront d’en parler sans doute longtemps.

Notre dernière interview de Roger, retraité, était à l’occasion d’une démonstration de poterie, loisir qu’il adorait transmettre. A revoir ici.
A voir aussi, Roger pendant le Forum des Associations 2007.

Nos pensées vont à ses proches, ses amis, à tous ceux qui le tenait en exemple, à Marie-Agnès, avec toute notre affection.