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17 octobre 2026 : les débuts d’un symbole ?

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3–5 minutes

Ce 17 octobre 2026 a eu lieu une manifestation qui a touché la France entière. Entre les lycéens et les gilets jaunes, cette convergence des mouvements a résonné jusqu’à l’étranger, avec des manifestations en Italie, en Albanie ou encore en Allemagne. Revenons sur cette journée qui a marqué les esprits. Je me trouvais à Lille et je vais vous raconter ce que j’ai vécu.

Crédit photo : @damhnr (Instagram)

Depuis la rentrée scolaire, la date du 17 octobre revient sur les réseaux sociaux, à l’initiative des gilets jaunes. L’objectif est de manifester pour réclamer la baisse du prix de l’essence suite au conflit au Moyen-Orient. Mais un blocus a fait irruption au lycée Paul Eluard de Saint-Denis, et le mouvement lycéen a commencé à se répandre en France, avec une revendication simple : de meilleures conditions pour étudier. En l’absence de réponses concrètes de la part du gouvernement, les lycéens se sont joints au mouvement et le 17 octobre s’ est transformé en un jour de fortes mobilisations attendues. Des manifestations étaient fixés dans plusieurs villes de France, mais dans la nuit, des personnes défilaient déjà dans les rues. Les images les plus impressionnantes étaient bien évidemment à Paris ou encore à Limoges.

A Lille, le rendez-vous était fixé à Porte de Paris à 14h30. Les rues étaient bondées et j’ai pu apercevoir des drapeaux de la CGT, de LFI, du Parti communiste et surtout, beaucoup de drapeaux palestiniens. Les pancartes étaient toutes très différentes. Plusieurs d’entre elles évoquaient le 17 octobre 1961, le massacre des Algériens à Paris (dont la mienne), d’autres l’inaction du gouvernement, et certaines sur les violences policières, avec des jeux de mots divers. Mais au bout d’une heure, la manifestation s’est immobilisée et de la fumée s’est élevée dans le ciel, à côté du parc Jean-Baptiste Lebas. Des affrontements ont éclaté entre la police et certains manifestants, les contraignant à faire usage de gaz lacrymogène. Puis la police a avancé et le gaz était de plus en plus proche, et c’est à ce moment que le cortège a repris son avancée. Les manifestants scandaient différents slogans durant le trajet, et la fin était prévue place de la République. A l’arrivée sur la place devant le musée des Beaux Arts , des barrières ont été mises entre la police et nous, puis des gaz lacrymogènes ont été lancés. C’est là que le chaos a débuté.

Crédit photo : @damhnr (Instagram)

Au même moment, sur les réseaux sociaux, on a vu plusieurs images de violences et de pillages au cœur de Lille. Les boutiques Apple, Sephora ou encore celle du LOSC ont eu leurs vitrines brisées et des casseurs sont entrés pour en dérober le contenu. Puis un peu partout dans Lille, des feux de poubelles ont été allumés. L’air était rempli de lacrymogène, de fumée et un climat de tension régnait dans la ville. Pour remédier au gaz, énormément de personnes étaient munies de sérum physiologique pour calmer les larmes dans les yeux, et presque tous les manifestants portaient une cagoule, un foulard et même des lunettes de piscine, pour se protéger au maximum du gaz. Les pillages ont continué jusque dans la nuit, et c’est le matin du 18 octobre qu’on a pu constater l’ensemble des dégâts. Malgré l’image des violences que la plupart des médias ont voulu montrer, il y a également eu beaucoup de moments de joie, de danse, et tout simplement des gens heureux. Et c’est plutôt les réseaux sociaux qui ont montré ces images, critiquant justement le fait que les journaux et les chaînes de télé ne se concentrent pas sur le positif.

Entre l’hôtel de ville en feu à Limoges, les voitures brûlées à Paris et le gilet jaune sur la statut symbolique de la République, le monde entier a parlé de la France et des reporters d’Angleterre ou encore d’Espagne étaient présents. Les avis sont clivants sur ce 17 octobre, les médias et les réseaux sociaux ne parlent pas de la même chose mais le message reste clair : cette journée sera dans les livres d’histoire comme un hommage à Mai 68. Dans l’Hexagone, entre 550 000 et 800 000 manifestants ont défilé, un chiffre variant selon les syndicats et le ministère, mais qui reste tout de même impressionnant. De plus, le président Macron a réagi le dimanche suivant cette journée de mobilisation, mais son allocution n’a présenté aucunes mesures concrètes, alors les syndicats ont appelé à un acte II les 24 et 31 octobre…


On ajoute aussi les photos de Tamara Nedjari qui vient de rejoindre l’équipe des journalistes du Blog2Roubaix !


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