A VOIR

Voter doit-il être obligatoire ?

La Voix du Nord a publié ma contribution au dossier dont je faisais référence ici. Voici mon texte en partie sachant que je l’ai rédigé d’une traite dès réception dudit journal vers 5h du matin et j’ai omis quelques précisions, en remarque ci-après :

 

Je pense qu’il faut rendre le vote obligatoire, pas pour perdre une liberté, mais pour obliger les gens à se questionner.

En même temps, le vote obligatoire n’est pas l’unique solution : il faudrait d’abord que les candidats et les assemblées d’élues soient plus représentatives, même si cela doit compliquer les décisions : par exemple, au Québec, les conseillers municipaux [1] sont élus géographiquement et sont donc contraints de faire campagne dans leurs quartiers (comme des députés). En France, qui sait que pour les municipales on élit d’abord une liste et non pas une personne ? Idem, qui sait qui est élu dans les pouvoirs locaux comme la Région, le Département, la CUDL, etc ? Sans doute faudrait-il aussi « dé-décentraliser » [2] en regroupant en un seul pouvoir régional mieux identifiable par le citoyen lamba.
Bien sur, les Présidentielles et les Législatives restent les élections les plus participatives.

Comme deuxième suggestions, il faut aussi que le citoyen réinvestisse l’espace des débats et quittent un peu la télé-réalité à vote par SMS, en fréquentant des structures de quartier — indépendantes et citoyennes — comme ce que nous faisons, en tant que comité de quartier. Il faut aussi des moyens d’animer ces débats. Et les « conseils consultatifs » dit obligatoires dans les moyennes villes de France n’y répondent pas forcément (répondent-ils vraiment, ces fameux conseils de citoyens [3], à quelque chose quand on sait que les « vraies » décisions, celles avec un enjeux, sont prises, ou bien en amont par le technicien ou le fonctionnaire et le politique (pour obtenir des cofinancements), ou bien sont « obligatoires » selon une norme nationale, européenne, d’un quelconque accord, d’une quelconque étude… bref si loin du citoyen qui tenterait de s’investir dans son quartier !).

La communication politique doit changer, et espérons que la mode des blogs contribuera à inscrire une nouvelle relation entre électeurs et candidats, un nouveau dialogue entre citoyens et élus. C’est peut-être actuellement le cas au niveau national, mais tout reste encore à faire au niveau local [4].

Evidemment, tout cela n’est rien si lui-même le Politique ne change pas. Aujourd’hui, il semble ne plus convaincre assez le citoyen, ne plus donner envie, ni d’espoir, ne plus porter de projet suffisamment fort surtout en temps de crise (à cause de la mondialisation, du peu de marge de manoeuvre, et des idéologies, oserons-nous dire, passées, face à la marchandisation de nos valeurs) [5].

Plusieurs remarques :

[1] – concernant le Québec, j’ai été impressionné par de nombreuses expériences visitées lors de ce séjour (les images s’affichent en rechargeant) et notamment par une conseillère municipale de la ville de la ville de Trois-Rivières, Sylvie Tardif et son équipe travaillant sur le développement d’un quartier, Marie de l’Incarnation, (un peu comparable à ceux de Roubaix — qu’elle a déjà visité, m’avait-elle dit !), c’est à elle que je fais référence quand j’évoque l’efficacité des élus de terrain. Elle vient d’ouvrir son site (visitez aussi les liens qu’elle donne car elle est à l’origine d’organismes qui m’ont beaucoup intéressé et fait un excellent accueil — malgré mon urgence).

[2] : « dé-décentraliser » : le néologisme est volontairement lourd. Mais à la fois, je pense qu’il faut métropoliser Roubaix, Tourcoing, etc, en un Grand Lille (je vais pas me faire des amis, mais tant pis !), tout en fondant au moins les conseils régionaux et départementaux, voire la communauté urbaine qui font plein d’élections auxquelles l’électeur ne comprend pas forcément. J’aurais dû aussi évoquer l’Europe sociale et politique si loin du fameux citoyen lambda.

[3] : les vraies décisions, avec un enjeux financiers importants, ne sont évidemment pas partagées avec les habitants ! Ceux qui savent, savent, et puis c’est tout ! J’ai même entendu des élus engueuler publiquement des citoyens (certes râleurs et dans un contexte particulier, j’en conviens), élus censés être au service du peuple ! Mais en France, comme on peut être élu avec peu de votes. Finalement, à qui profite l’abstention ..? Je ne citerai pas de noms…

[4] : je fais référence à ce billet-là ;

[5] : Jacques Attali dresse un constat inquiétant mais sincère sur la démocratie, dans son livre « La Voie Humaine » que je suis en train de lire.

Voter doit-il être obligatoire ?
Voir l’article version VDN.

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Update du 2 janvier : toute édition en courrier des lecteurs.

N’hésitez pas à réagir !

2 Comments on Voter doit-il être obligatoire ?

  1. hNeri // 10 mars 2007 à 00:46 //

    En me baladant sur le net je suis tombé sur http://forum.elle.fr/htm2/et-pourquoi-pas-le-vote-obligatoire,m-5605.aspx#hla

    un forum qui parle aussi du problème du vote obligatoire et c’est lfippant de voir ce que les femmes en pensent

  2. Une conférence est organisée sur ce sujet à Paris le 4 avril.

    Toutes les infos ici : http://www.laconstituante.org/article.php?article_id=12

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