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La Voix du Nord : « Abstention : constat et bonnes intentions avant, peut-etre, des propositions concrètes »

Une commission inter-partis élus du Conseil Municipal a travaillé sur l'abstention depuis quelques mois et le résultat fut cette journée "d'étude" sur le sujet, repris dans un article de la Voix du Nord où nous sommes cités, et dans Nord Eclair.

Même si les concepteurs de la journée ont "oublié" dans l'invitation (ou dans l'introduction) de rappeler l'existence depuis 9 ans de l'action militante portée par des comités associatifs de quartier "Je pense donc je vote", celle-ci a pourtant bien été rappelée par les participants (ainsi que leBlog2Roubaix, lors de l'atelier Nouveaux Medias) dans les conclusions.

Notre action s'en trouve donc aujourd'hui renforcée puisque reconnue une fois de plus au delà des comités de quartier ! Va-t-on donc enfin voir nos subventions versées en retard depuis 2 ans, pour ces actions engagées, et sera-t-elle soutenue en temps et en heure l'année prochaine, pour les cantonales ?

Voir et revoir l'Abstention à Roubaix, notre revue de presse vidéo sur le sujet, et notre revue de presse PQNR.

Même si on a noté une certaine élégance entre partisans de partis opposés, ce qu'on ne peut que saluer en tant que citoyens,  ne devraient-ils pas faire un geste plus fort pour les prochaines élections successives et aller encore plus loin ? Car, assez étrangement, la façon de faire de la politique locale à Roubaix depuis ces années d'abstention n'a pas été remise en cause, comme si les élus y étaient pour rien. Faire de la politique autrement devrait-il pas d'abord etre un chantier de fond pour les prochaines années ? Concrètement que sera Roubaix dans 10 ans ? dans 20 ans ? et avec quel modèle de gouvernance ? n'y a-t-il pas un nouveau modèle à inventer à Roubaix ? Un pacte inter-partis à trouver ? Un grand rassemblement au delà des habitudes courantes en politique ?

Mais non, aucune voix ne s'est élevée sur faire de la politique aujourd'hui et demain à Roubaix, et personne n'a non plus trop osé interpeller l'actuelle démocratie participative à Roubaix, par exemple.

- Doit-on encore croire nos hommes politiques ? - Des comités de quartier en colère - Vers la municipalisation de la parole citoyenne à Roubaix.

Abstention : constat et bonnes intentions avant, peut-être, des propositions concrètes
jeudi 02.12.2010, 05:15 – La Voix du Nord

Les électeurs de moins de 45 ans n’ont pas de souvenir de l’époque glorieuse où, à Roubaix, les taux de participation étaient supérieurs de 10 points à la moyenne nationale ! Depuis, la ville brille par l’abstention de ses électeurs. Mardi, une journée d’étude s’est penchée sur les maux qui gangrènent la citoyenneté dans la ville. Des propositions concrètes sont attendues.
PAR MARC GROSCLAUDE roubaix@lavoixdunord.fr
« On cherche à intéresser les citoyens à la vie de leur cité. C’est notre seul but », insiste Henri Planckaert. L’adjoint en charge des élections a beau être pétri de bonnes intentions, il ne peut que constater que, dans sa commune, la population boude les urnes. « Le maire est élu avec les voix de 9 % de la population ! », constate l’élue écologiste Tounes Rahim. C’est regrettable, mais comment en est-on arrivé là ? « Il faut se livrer à une analyse lucide des causes », insiste Pierre Dubois, le premier adjoint au maire qui présidait mardi une journée d’étude et de réflexion baptisée
« L’abstention électorale à Roubaix : un caillou dans la chaussure. » Mais de quoi parle-t-on exactement ? À Roubaix, lors des dernières municipales, alors que dans
Toutes tendances confondues, on cherche à sortir Roubaix de l’abstention qui la ronge.
les quartiers les plus aisés on a voté à plus de 60 %, seuls 18 % des électeurs des quartiers « populaires » se sont déplacés. « On est dans une ville où 30 000 personnes sont confrontées à une forte ou à une très forte précarité, constate Pierre Dubois, Il y a objectivement un certain nombre de conditions qui poussent à cette abstention. » D’autres chiffres éclairent le constat fait par Julien Talpin, chercheur en sciences politiques, qui s’était déjà penché sur la démocratie participative à Roubaix. « 15 % des Roubaisiens en âge de voter ne sont pas inscrits », contre environ 10 % au plan national. Ajoutez à cela le fait dans les quartiers les moins favorisés, 25 % des habitants ne sont pas inscrits dans le bureau de vote dont dépend leur habitation (ce qui ne facilite pas le vote) et que les 16 % de personnes de nationalité étrangère. Quelle est alors la légitimité des élus ?
« On peut se dire que c’est pareil ailleurs, ça rassure… », admet Fabrice Belin, adjoint en charge de la démocratie participative. Mais la ville a voulu aller plus loin. Au mois de juin, une commission a été créée et ouverte à toutes les composantes de la vie publique roubaisienne. « On avait fait la demande que cela ne soit pas organisé trois semaines avant les cantonales, pour que cela ne soit pas une tribune pour les uns ou pour les autres », rappelle L’UMP Guillaume Delbar qui a été entendu. Depuis septembre, trois réunions ont eu lieu.
Jusqu’à cette journée d’étude « qui n’est pas un colloque de sociologues de plus ! », affirme Fabrice Belin.
N’a-t-on pas perdu du temps alors que le comité de quartier de l’Hommelet a travaillé sur ce sujet de l’abstention au travers d’actions comme « Je pense donc je vote ». Fabrice Belin botte un peu en touche en faisant observer que les autres villes confrontées au même mal n’ont pas beaucoup avancé. « C’est compliqué. Il faut mobiliser les partis politiques, que les acteurs associatifs trouvent leur place, que les services municipaux prennent leur part avec le service éducation notamment… » Mais il y a urgence car « c’est entré dans les moeurs et à chaque élection on prédit un certain taux d’abstention ! Il faut sortir de cette logique », martèle Tounes Rahim.
Alors comment ? Lors de cette journée, les organisateurs souhaitaient « ne pas avoir des intervenants qui soient dans le microcosme roubaisien ». Sensibiliser la population aux enjeux politiques, au-delà de l’effort de militantisme, cela passe peut-être et au préalable par une plus grande explication des propositions de chacun en vue d’une élection. « Les gens demandent : à quoi ça sert les régionales dans notre quartier ? », constate Guillaume Delbar. Or, la pédagogie, « cela passe par un ou deux grands débats et pas des microdébats qui n’ont pas la taille critique ». Il revient sans doute aux politiques de balayer devant leur porte. « Il n’y a pas que des gens précaires qui ne votent pas, mais aussi une classe moyenne qui ne s’y retrouve plus », constatent unanimement les élus impliqués dans cette démarche.
Une synthèse de cette journée sera faite. Elle sera présentée au plus grand nombre un vendredi soir ou un samedi, avant que cela ne donne lieu à un plan d’action, débattu en conseil municipal… mais pas avant avril, donc après les cantonales, élections traditionnellement boudées. Mais les participants veulent dépasser les plus proches échéances. « Il ne faut pas faire un coup et que cela
tombe dans l’oubli. » Et ne pas s’arrêter à une simple augmentation des inscriptions sur les listes électorales. Qui pourrait mathématiquement induire, si les citoyens ne vont pas aux urnes, une explosion plus forte encore de l’abstention. •

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