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#1176 MUNICIPALES 2026 : Nacim ZEGHLACHE-SAHLI

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6–8 minutes

Dans le cadre de notre série d’entretiens consacrée aux municipales de 2026 à Roubaix, nous avons reçu Nacim Zeghlache-Sahli, figure de la liste « Pour Roubaix ». Pendant près d’une heure, il a déroulé une parole très enracinée dans le terrain, construite autour d’un mot-clé qui revient souvent dans son discours : le retour. Retour à Roubaix, retour à l’écoute des habitants, retour à une politique municipale jugée plus concrète, plus lisible, plus proche du quotidien.

L’échange s’ouvre sur sa présentation et son parcours politique. Très vite, Nacim Zeghlache-Sahli insiste sur son lien personnel avec la ville. Ce n’est pas seulement un cadre électoral ou un décor de campagne. Roubaix apparaît dans son intervention comme un point d’attache, un espace vécu, avec ses difficultés, ses colères, mais aussi ses ressources. Ce retour à Roubaix, qu’il met en avant, n’est pas anodin : il sert à installer une image de proximité et de légitimité locale, dans une campagne où chaque candidat cherche à convaincre qu’il connaît réellement la ville et ceux qui y vivent.

La naissance du collectif « Pour Roubaix » occupe une place importante dans l’entretien. Là où d’autres assument une bannière très partisane ou une inscription dans de grandes machines politiques, Nacim Zeghlache-Sahli cherche à valoriser une démarche qui se veut collective, ancrée dans la ville et portée par quelques principes simples. Il évoque trois valeurs structurantes, comme une manière de poser un socle. On comprend que sa stratégie consiste à se distinguer à la fois des équipes installées et des discours trop idéologiques, en revendiquant une ligne plus directe, plus municipale, presque plus “pratique” dans sa manière d’aborder Roubaix.

Sur la sécurité, il adopte une position claire. Le sujet n’est pas contourné, ni noyé dans des formulations vagues. Police municipale, tranquillité, présence publique : il considère manifestement que ces questions doivent être traitées frontalement. À Roubaix, le thème est sensible, car il touche à la fois au sentiment d’abandon de certains habitants, aux usages de l’espace public et à la capacité réelle de la mairie à faire respecter un cadre. Chez lui, la sécurité n’est pas présentée comme un simple slogan de campagne, mais comme un élément de base du contrat local entre la ville et ses habitants.

La propreté et le logement arrivent ensuite, presque naturellement, comme si l’entretien glissait du visible à l’intime. Une ville sale, une rue mal tenue, un habitat dégradé, ce sont aussi des signes de relâchement politique. Nacim Zeghlache-Sahli parle de ces sujets de façon très concrète. À Roubaix, ce sont souvent eux qui nourrissent le ras-le-bol quotidien avant même les grandes querelles idéologiques. Le logement, surtout, reste un marqueur central de la crise roubaisienne : habitat indigne, difficulté d’accès à un cadre de vie correct, impression que certains quartiers encaissent toujours plus que d’autres. Son discours cherche là encore à se raccorder à une expérience vécue par beaucoup d’habitants.

La pauvreté et l’accès aux droits constituent un autre axe fort de son intervention. Roubaix est l’une des villes les plus pauvres de France, et aucun candidat ne peut faire semblant de l’ignorer. Mais tous ne la racontent pas de la même façon. Dans cet entretien, Nacim Zeghlache-Sahli semble vouloir mettre l’accent sur les conséquences concrètes de cette pauvreté : complexité administrative, renoncement aux droits, éloignement des services, sentiment d’être perdu dans les démarches. Il dessine en creux une ville où beaucoup d’habitants ne demandent pas forcément des promesses spectaculaires, mais déjà des institutions plus accessibles et plus efficaces.

Sur l’emploi des Roubaisiens, le discours devient plus politique. Derrière la formule, il y a une question ancienne à Roubaix : comment faire en sorte que les habitants d’ici bénéficient réellement de la richesse produite autour d’eux ? Comment éviter qu’une ville reste enfermée dans un décalage entre ses populations, ses fragilités et les dynamiques économiques qui la contournent ? Nacim Zeghlache-Sahli remet sur la table cette vieille blessure roubaisienne : la sensation qu’on parle beaucoup du redressement, de l’attractivité ou du renouveau, sans que cela change suffisamment la vie de ceux qui sont déjà là.

La démocratie locale et l’abstention à Roubaix occupent aussi une place importante dans l’entretien. Ce n’est pas un détail. Dans une ville où la défiance politique est massive, parler d’abstention, c’est parler d’un problème structurel. Là encore, il ne s’agit pas seulement de faire revenir les gens aux urnes avec des appels abstraits à la citoyenneté. Le vrai sujet, c’est la crédibilité. Pourquoi voter, si l’on a le sentiment que rien ne change ? Pourquoi croire encore à la parole publique, si tant de promesses se dissolvent une fois l’élection passée ? En abordant cette question, Nacim Zeghlache-Sahli touche à quelque chose de central dans la campagne qui vient.

L’entretien prend aussi un détour plus inattendu avec la question des cyclistes et des trottoirs. Ce point, qui pourrait sembler secondaire, dit pourtant beaucoup de la vie roubaisienne. Il ramène le débat à l’usage concret de la ville, aux tensions entre mobilités, incivilités, partage de l’espace public. C’est typiquement le genre de sujet qui paraît petit vu de loin, mais qui compte énormément dans la perception quotidienne d’une municipalité. À Roubaix, la politique se joue aussi là : dans le trottoir, dans la rue, dans la manière dont chacun peut circuler sans conflit permanent.

Autre thème marquant : le plan lecture intitulé « Lire rend libre ». Ce passage donne une autre couleur à l’entretien. Il rappelle qu’une campagne municipale ne se réduit pas à la sécurité, à la propreté ou aux polémiques. Elle touche aussi à la transmission, à l’éducation, à la culture, à la capacité d’une ville à offrir autre chose que la survie sociale. En mettant la lecture en avant, Nacim Zeghlache-Sahli cherche à montrer qu’il ne parle pas seulement d’ordre, mais aussi d’émancipation. C’est une manière de dire que Roubaix mérite mieux qu’une gestion défensive de ses difficultés.

La seconde partie de l’entretien change de rythme avec le jeu des personnalités, puis avec son avis sur les autres candidats. Ce moment est souvent révélateur. Il permet de voir moins le programme que la manière de se situer dans le rapport aux autres. Sans entrer ici dans le détail de chaque appréciation, on comprend que la bataille municipale se construit aussi sur des lignes de différenciation très nettes. Chacun essaie d’imposer son ton, sa méthode, son récit de la ville. Nacim Zeghlache-Sahli tente, lui, de se placer comme une offre distincte, ni dans la continuité des équipes passées, ni dans une posture trop nationale, mais dans une logique de rassemblement local autour du collectif « Pour Roubaix ».

Au fond, cet entretien laisse apparaître une candidature qui cherche à capitaliser sur trois choses : l’ancrage local, la lisibilité du discours et une approche très concrète du quotidien roubaisien. Sécurité, propreté, accès aux droits, emploi, lecture, abstention : son propos est construit comme un aller-retour permanent entre les irritants de la vie de tous les jours et une ambition politique plus large pour la ville.

Reste, bien sûr, la question décisive que pose toute campagne municipale : cette parole peut-elle se transformer en dynamique ? Car à Roubaix, le diagnostic ne suffit plus. Les habitants ont entendu beaucoup de promesses, vu beaucoup de plans, traversé beaucoup d’années difficiles. Ce qu’ils jugeront, au final, ce n’est pas seulement la pertinence des constats, mais la capacité réelle d’une équipe à tenir une ville aussi complexe, aussi abîmée parfois, aussi vivante aussi.

Avec cette interview, Nacim Zeghlache-Sahli a posé ses jalons. Il défend une candidature qui veut parler de Roubaix à hauteur d’habitants, en insistant sur le quotidien autant que sur les grands équilibres politiques. Dans cette série « Je pense donc je vote », son passage apporte en tout cas une pièce supplémentaire au puzzle des municipales roubaisiennes de 2026 : celle d’un candidat qui veut convaincre que le changement municipal peut repartir du terrain, du réel et d’une ville qu’il dit vouloir servir sans détour.


À travers cette série d’entretiens, LeBlog2Roubaix souhaite offrir aux habitants un espace d’information et de réflexion autour des élections municipales de Roubaix 2026.


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