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ROUBAIX : c’était plus beau avant ?

Dans les groupes Facebook consacrés à Roubaix, à chaque ancienne photo postée irrémédiablement arrive la remarque nostalgique de « c’était mieux avant ! » illustrée de souvenirs personnels. Du coup, ça nous inspire cet article ! Est-ce une idée de l’esprit ou cela correspond-il à une ancienne réalité ? Voici 10 raisons pour lesquelles Roubaix était peut-être plus belle avant. N’hésitez pas à nous dire votre avis en commentaire !

1) l’effet « Syndrome du rétroviseur » :

Abordons directement l’aspect nostalgique, car oui, souvent on associe aux vues anciennes, une époque vécue a priori heureuse, celle de l’enfance, de l’innocence, le Roubaix plein de commerces animés, de Récréation, Codec, Café Grand-Mère, Palais du Vêtement, bref l’après Trente Glorieuses, le plein emploi, l’orthographe respecté, la télé sans télécommande et Starky & Hutch sur la première chaine ! Immédiate appréhension sympathique ! Même la place de la Liberté avec « armoires-cubes »  destinés aux commerçants nous parait jolie même si c’était un peu kitsch, reconnaissons-le (mais il y a eu pire ensuite)… Bref, toute une époque ! C’était au temps où Roubaix roubaisait, aurait pu chanter le Grand Jacques, ou La nostalgie, camarade… comme disait le Grand Serge !

2) l’architecture contemporaine : le Roubaix qu’on dévisage !
Abordons une évolution que personne ne l’a vu arriver : Roubaix s’est rapidement enlaidie de bâtiments de style « architecture contemporaine » qui font la joie des étudiants en archi et des urbanistes tout puissants.  Il y en a partout, sans aucun respect du paysage, et bien entendu sans l’avis des habitants autour !

« L’architecture contemporaine est moche car les idées qu’elle véhicule derrière sont moches ! » (dixit Coste Orbach, architecte ex-contemporéiste, dans une conférence de l’Université Populaire de Caen : « Comment refuser l’architecture contemporaine et la reprendre à partir de l’Art Nouveau » — que je vous invite à voir ici avant que ca ne soit retiré qui évoque une architecture ultra-libérale, le lisse, sans singularité, le refus du passé, des couleurs locales, l’aculturation, perte de l’intériorité, disparition de la hiérarchie des espaces, hors sol, matériaux les plus industriels possibles, dégout de la terre — les boites décolées du sol, la tour –, même style partout sur la planète…). L’architecte-conférencier nous démontre par ailleurs qu’il est possible, aux même couts, de faire du style classique, art nouveaux, jugé comme beau et populaire (et du pavillonnaire au lieu du collectif, pour loger le même nombre de personne).

Si on a eu des assos à Roubaix qui ont lutté, à juste titre, pour préserver les bâtiments anciens, il en aurait aussi fallu une pour lutter contre le recours au style de laideur absolue qu’est celui de l’architecture contemporaine, lol. Mais comment céder à l’apparente modernité, au « signe urbain », à l’envie des décideurs de laisser une trace ?! Vous trouvez ça beau, vous ? (inutile de préciser que ces photos ont bien été prises à Roubaix ; elles pourraient très bien provenir du sud de la France, d’un quartier d’affaire à Vancouver, d’Australie ou d’Asie !)

 

3) les transports en commun : vive le Mongy !
Sans doute moins écologique qu’aujourd’hui, pas du tout automatique, avec des vrais conducteurs dedans, l’ancien Mongy avait quand même un sacré style ! Souvenons-nous que le terminus était Grand-Place et il en est même qui attribuent le déclin du centre-ville à ce déplacement vers la zone dite Eurotéléport ! J’allais ajouter aussi le mobilier urbain mais je n’en ai pas trouvé d’époque, puisque les publicités se peignaient à même les murs (des fresques urbaines en quelque sorte !)

4) les « maisons Bricorama » :
C’est un directeur d’école d’archi, lors d’un tour dans le quartier, qui m’a appris l’expression. Eh oui, avec l’arrivée des magasins de bricolage dans les années 70-80, certains propriétaires se sont improvisés architectes et ont redessiné le style initial, notamment avec la mode des faux plafonds qui du coup obligeait à remplacer fenêtres et portes.

A leur défense, il faut dire que ces portes ne sont pas au format « roubaisien », et que si on veut vraiment respecter, il faut faire faire du sur mesure et ça, ça coute bonbon ! La solution souvent choisie est donc une porte certes moderne, moins haute, puis on dresse un muret pour rattraper l’ancien emplacement. Souvent le résultat est bien fait, mais souvent aussi ça casse le rythme de la rue et donne l’impression d’une rue fragile et moins harmonieuse.

La Ville de Roubaix a pourtant mis des conseils gratuits et, à une époque, des primes pour les façades.

5 ) Les fontaines !
Faire appel aux sens était le secret des bâtisseurs andalous : des couleurs pour le visuel, des doux matériaux pour le toucher, et des jets d’eau pour le son relaxant et l’animation. A Barcelone, la fontaine de Montjuic conçue avec son et lumière offre un spectacle quotidien. Dans l’ancien Roubaix, on évoque la Fontaine des Trois Grâces qui se trouvaient au Rond Point de l’Europe et qui semble sublime, mais rappelons-nous aussi des bassins à jets devant l’Hotel de Ville de Roubaix, ou encore celles devant Roubaix 2000, au parc de la Visitation,  devant le Colisée rue de l’Epeule…. La raison de leur disparition serait car il n’y a plus de fontainier en ville. Un emploi à recréer ?

 

6) Les pavés de Roubaix qui donnait du style !
Les pavés du Paris-Roubaix sont désormais… en dehors de Roubaix ! On dira ce qu’on voudra, que ça tordait les chevilles et mettait les amortisseurs à rude épreuve, ils donnaient un certain style à n’importe quelle rue ! On en trouve encore dans le centre de Bruxelles, à Tournai, à Montmartre… même à Tourcoing !

7) des magnifiques bâtiments abattus
On a évidemment en tête l’ancienne caserne des pompiers de Roubaix, boulevard Gambetta, et ce qui frappe en parcourant les cartes postales anciennes, c’est les anciens bâtiments superbes qui ont été démolis, ou rénovés fortement (parfois après un long abandon…), notamment ceux de l’Exposition Internationale de 1911 qui a servi à « démontrer la suprématie mondiale de la ville de Roubaix dans le domaine du textile » (d’apres Wikipedia)? Ce sont autant de moments d’histoire qui ont disparus et qui aurait façonné une toute autre vision de la ville aujourd’hui.

8) le commerce !

En vérité, même sans remonter loin dans le temps, on a souvenir d’un commerce de qualité, varié, aux devantures pour les plus anciennes vraiment classes ! Sans oublier, le Minifix, les Aubaines, Codec Lecompte, Récréation, Monoprix (eh oui, un Monop’!)… pour ne citer que ceux du centre-ville.

 

9) les fêtes, fanfares, allumoirs, majorettes, cabarets, troquets….

Car à l’époque, les fanfares, les allumoirs, ducasses, kermesses, fêtes à Pierrot, c’était un peu partout dans Roubaix. On pense aussi aux nombreux cabarets qui jalonnaient les places publiques, les troquets, le bowling du centre, la piste de patins à roulette grande rue, le ciné Club 7. L’animation joyeuse des quartiers, les fêtes traditionnelles, faisait aussi la beauté de Roubaix.

Ce n’est que depuis 2014 que la foire revient à Roubaix, après 20 ans d’absence…

 

10) la propreté !
Si vous suivez ce blog, vous vous y attendez : evidemment, ce qui fait que Roubaix était bien plus beau qu’aujourd’hui, c’était qu’il n’y avait pas des tas d’ordures qui trainaient dans chaque coin de rue dans certains quartiers. On avait des poubelles (en dur) qui n’étaient pas éventrées, ramassées à même la porte, et certes des encombrants mensuels, et une déchèterie au Cul de Four sans attente.

 

La propreté, priorité numéro Un : contribuez au diagnostic en ligne via notre carte GoogleMaps, cliquez : « Des ordures, il y en a partout ! »

Voilà ce petit tour du TOP 10 qui faisait de Roubaix une ville jolie. Etes-vous d’accord avec ce choix ? Y a-t-il d’autres choses que vous regrettez des temps anciens ?

 


Source des photos : https://www.bn-r.fr/
Groupe facebook : AUX ANCIENS DE ROUBAIX

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2 Comments on ROUBAIX : c’était plus beau avant ?

  1. Nono ex 59 // 24 août 2020 à 05:06 //

    Si on considère que l’humain a un impact important sur l’environnement, vous semblez oublier la cause principale de ces changements…

  2. Leftere // 25 août 2020 à 16:25 //

    Bonjour je trouve que ma ville est très sale exemple la grand rue . La rue de lille est j’en passe en plus de voir tout ces mendiants dans le centres de Roubaix moi qui a 52 ans jai la honte de faire venir de la famille bref

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